Réseau ferré : devant la canicule, investissons !

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Le service ferroviaire en France est aujourd’hui au bord de l’effondrement. Tarifs élevés, retards à répétition, pannes techniques, annulations : les dysfonctionnements s’accumulent et le réseau ne tient que grâce à l’engagement des cheminots. Pourtant, le train est l’un des leviers les plus puissants dont nous disposons pour réduire notre dépendance à la voiture individuelle et offrir des transports du quotidien efficaces à des millions de Français.

Les épisodes caniculaires ne créent pas ces difficultés. Ils les révèlent. Pannes électriques, caténaires déformées, fermetures de gares, matériels roulants hors d’âge incapables d’assurer le confort des voyageurs : les fortes chaleurs mettent à nu la fragilité de notre réseau ferroviaire. Elles soulignent surtout notre impréparation face à des phénomènes climatiques qui ne sont plus exceptionnels et qui vont s’intensifier.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Lors de cette première canicule de l’été, 10 % des trains ont été supprimés. Dans les colonnes du Monde, Jean Castex, PDG de la SNCF, assurait que l’entreprise « se préparait » au retour des fortes chaleurs, tout en reconnaissant qu’elle ne pouvait garantir un fonctionnement normal du réseau. À la veille des grands départs en vacances, cette déclaration inquiète. Elle ne nous surprend pas.

Le contrat de performance entre l’État et SNCF Réseau évalue à 4,5 milliards d’euros par an les investissements nécessaires pour régénérer les infrastructures existantes. Pourtant, seuls 3 milliards sont aujourd’hui mobilisables. Chacun sait donc où se situe l’urgence.

Dans le même temps et malgré ce constat accablant, le Premier ministre Lecornu vient de confirmer la participation de l’État au financement de la ligne à grande vitesse Toulouse-Bordeaux-Dax. Un projet à plus de 20 milliards d’euros.

Ce choix interroge profondément. Alors que les lignes d’aménagement du territoire, ces lignes de desserte fine indispensables aux déplacements du quotidien, continuent de se dégrader faute de moyens, les présidents des régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie se félicitent d’un projet aussi coûteux que contestable. Une infrastructure que les habitants des communes traversées vont aussi financer, sans pouvoir en bénéficier, tandis que leurs trains du quotidien continueront de disparaître.

L’incohérence est d’autant plus grande que le Gouvernement vient tout juste de soumettre au Parlement un projet de loi présentant la régénération du réseau existant comme une priorité absolue, sans y allouer le moindre budget. 

Devant les changements rapides qui s’annoncent, notre responsabilité est claire : investir pour renforcer le réseau, moderniser les infrastructures, renouveler les matériels roulants et garantir un service cadencé et fiable, partout, au quotidien.

Les investissements massifs doivent aller aux trains du quotidien, pas à des projets pharaoniques dont le principal bénéfice est de gagner quelques minutes sur des trajets déjà assurés. C’est dans cet esprit que je défends le développement des Services Express Régionaux Métropolitains (SERM) : des transports cadencés, accessibles, abordables et utiles au plus grand nombre.

La catastrophe climatique se nourrit de notre dépendance à la voiture. Pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous devons offrir des alternatives crédibles, accessibles et fiables. Cela suppose de préparer nos infrastructures aux conséquences du dérèglement climatique autant que de réduire ses causes. 

Le 3 juillet 2026, Christine Arrighi.

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